30. mai, 2017

Avec Frère Antoine

Frère Antoine et sa célèbre colombe, synonyme de paix. Dimanche matin, il était de nouveau présent au-dessus du pont de l’A6 pour bénir les usagers de la route et activant de façon mécanique sa célèbre colombe qui ne le quitte pas depuis des années. Photo Fernand RIBEIRO
Sous son habit monacal, certes de couleur bleue et non pas marron, on pourrait croire un instant que frère Antoine, de son vrai nom Paul Fournel, a été moine par le passé. Il n’en est rien. Ancien oblat à l’abbaye de Citeaux en Côte-d’Or, grande maison mère de l’ordre cistercien, qu’il a rejoint à la sortie de son service militaire, il a toutefois consacré toute sa vie à Dieu.
Frère Antoine est animé par une foi inébranlable
Foi chevillée au corps, Frère Antoine passe l’essentiel de ses journées à arpenter les rues et autres artères principales de la commune de Charnay-lès-Mâcon pour distiller « un message de paix » à toutes celles et ceux qui le croisent et le côtoient, quand il n’est pas dans sa demeure de l’impasse des Petits-Champs à fabriquer des croix en bois.
À 76 ans, été comme hiver, frère Antoine continue à sillonner d’un pas de plus en plus hésitant les rues d’une commune qui l’a accueilli il y a un peu plus de 20 ans. « Je suis poussé par le Seigneur », avance-t-il pour expliquer ce rituel immuable. Cette phrase revient souvent dans la conversation de ce natif de Beaune, qui regrette « ne pas avoir été compris à l’abbaye de Citeaux ». Mais depuis qu’il a rejoint la Bourgogne du Sud, il se sent en paix avec lui-même et ne manque jamais une occasion de se porter à hauteur de l’A6, route de Cluny, pour bénir et protéger les automobilistes. Véritable messager de la paix, frère Antoine se complaît dans cette vie simple et trouve refuge dans et à travers la vie du Seigneur. Alors, si vous venez à le croiser dans les rues, surtout n’hésitez pas à lui faire un petit signe, à le klaxonner. En retour, il agitera sa colombe, synonyme d’amour et de paix.
Fernand Ribeiro
fernand.ribeiro@lejsl.fr