16. nov., 2016

Article de presse du Journal de la haute Marne.

Handicap et emploi : « Il ne faut rien lâcher »

Cette semaine, c’est la ‘’semaine pour l’emploi des personnes handicapées’’. Un évènement auquel pôle emploi participe avec plusieurs rendez-vous dont une rencontre avec Antoine Maldémé. Ce dervois, victime d’un accident de la route en 1988, se bat pour que les personnes handicapées ne perdent pas l’espoir de retrouver du travail.

Victime d’un accident de la route en 1988 le Dervois, Antoine Maldémé est l’invité de pôle emploi ce vendredi dans le cadre de la ‘’semaine pour l’emploi des personnes handicapées’’

Auteur du livre ‘’le souffle de l’espoir’’ et créateur de l’association du même nom (avec laquelle il reverse des fonds à la recherche sur les maladies de la moelle épinière). Il s’attache à faire passer d’espoir aux personnes handicapées, un espoir qui passe aussi et c’est pour cela qu’il interviendra vendredi par le retour à l’emploi.

Un emploi pour repartir dans la vie.

Une situation qu’il connaît bien lui-même salarié au moment de son accident. Il a ressenti les bienfaits de retrouver une activité professionnelle « Bien souvent on est complexé par rapport au regard des autres sur soi. Il faut dépasser cela parce que travailler, c’est une très bonne thérapie, se lever le matin, cela donne de la joie de vivre, on évite la routine. Il ne faut pas avoir peur du travail » Plus facile à dire qu’à faire, il faut travailler sur soi  «J’étais complexé pendant trois ans, c’est le monde du travail qui m’a permis de sortir de ce malaise. Mon employeur m’a beaucoup aidé. La complicité entre employeur et employé c’est très important dans ces moments-là. Ça m’a été très bénéfique pour repartir dans la vie. Parce qu’au début pour moi, retourner au travail c’était une appréhension. On se sent rejeté, pas seulement au travail, mais aussi bien dans la vie de tous  les jours. Le monde du travail aide à se dire qu’on est une personne comme tout le monde. C’est ma force ».

C’est le message qu’il essayera précisément de faire passer ce vendredi à pôle emploi « il faut dire aux gens que ce n’est pas parce qu’on a un handicap qu’il faut se sentir inférieur aux autres, ce n’est pas le handicap qui nous définis, il ne faut rien lâcher »

« On me disait, ne t’embête pas et profite du système »

Antoine Maldémé reconnaît qu’il a eu de la chance dans sa malchance : son employeur de l’époque s’attachait plis à ses compétences qu’a sa condition physique. « J’ai eu de la chance de tomber sur les bonnes personnes. À l’époque, l’administration voulait me mettre en invalidité totale. Je me suis battu avec mon patron pour réintégrer l’établissement. Mais on me disait « t’embête pas, profite du système !  Moi je me sentais apte. Je voulais me lever le matin ».

Mais, on le sait, et c’est aussi l’un des objectifs de cette semaine pour l’emploi des personnes handicapées, tous les employeurs ne jouent pas le jeu « il y a des réglementations, mais les chefs d’entreprise préfèrent quelques fois payer une amende plutôt que d’embaucher des  personnes handicapées et respecter le quota. Il faut vraiment qu’ils comprennent qu’il faut absolument laisser une place pour ces personnes-là. Elles se défendront peut-être plus que les autres, elles seront même certainement plus motivées parce que travailler, c’est une chance pour elles. C’est un message que je ferai passer aux chefs d’entreprise, vendredi. Quand on voit des personnes qui ont un handicap qui veulent travailler, mais que le patron préfère pendre quelqu’un de valide, c’est dégueulasse »

Depuis son accident, Antoine Maldémé enchaine les conférences, notamment dans les lycées pour faire changer les regards sur le handicap, sur les différences et sensibiliser sur les dangers des deux roues.

Plus d’informations sur le travail d’Antoine Maldémé et sur son action : www.lesouffledelespoir.fr